La fabuleuse histoire du Rhabdodon – Il y a 65 millions d’années

La fabuleuse histoire du Rhabdodon - Il y a 65 millions d'années

Quand la Provence était un paradis tropical...

Le premier squelette de Rhabdodon découvert en 1993 à Couperigne fut exposé au muséum d'Aix jusqu'en 2007.

A la fin de l’ère secondaire, c’est dans ce qui est aujourd’hui le midi de la France, qu’ont vécu les derniers dinosaures. Parmi les 600 espèces répertoriées dans le monde, une demi-douzaine a été recensée en Provence. Souvent représentés comme de terrifiants carnassiers, les dinosaures étaient, en réalité, pour la majorité d’entre eux, des herbivores inoffensifs, semblables à un troupeau d’équidés. Comme les tortues et les crocodiles d’aujourd’hui, les dinosaures pondaient des oeufs dont la taille pouvait atteindre celle d’un ballon de football. C’est ainsi que des nids entiers, comportant plusieurs oeufs fossilisés, ont été retrouvés en différents points du globe. Mais c’est en Provence que les fouilles paléontologiques ont été les plus fructueuses, attirant les scientifiques du monde entier. Entre 1998 et 2000, un important site de pontes a été découvert dans le complexe sextius-Mirabeau à Aix en Provence. Les gisements de Trets et de Fox-Amphoux ont respectivement révélé un titanosaure et des restes de Théropodes. Les travaux d’élargissement de l’autoroute A8 entre Châteauneuf-le-rouge et Saint-Maximin avaient permis l’année dernière à une équipe de paléontologue d’Aix, d’exhumer près de 300 pièces remontant à la même époque parmi lesquelles des dents de Taracosaur, une mandibule de crocodile, un humérus de titanosaure, un crâne de tortue et un péroné de Rhabdodon. Quant à la cité du rocher, elle renferme également des trésors d’ossements et d’oeufs de dinosaures qui font de sa falaise un lieu de fouilles très prisé par les scientifiques, mais aussi par les paléontologues amateurs auxquels nous devons la plupart des découvertes locales. Voici une visite guidée des deux principaux gisements Vitrollais décelés à ce jour.

Un cimetière de dinosaures sous Baume Canouille

Le long de l’autoroute A7, de la Grande Garrigue à Baume Canouille en passant par La plaine, les paléontologues ont aussi laissé leurs empreintes

Le gisement de la plaine fut principalement exploré par des paléontologues amateurs.

La ville repose sur un stratoptype du crétacé supérieur appelé Rognacien. Ce dernier désigne une roche calcaire blanche à la cassure beige remontant au moins à 65 millions d’année, et observable le long de l’autoroute A7 entre Vitrolles et Rognac. C’est notamment à cet endroit, que des fouilles menées en avril 2007 ont permis de déceler les restes d’une musaraigne, preuve rarissime que mammifères et dinosaures ont bel et bien cohabité. En 1999, au niveau du quartier de la Plaine, deux paléontologues amateurs vitrollais repèrent cette fois-ci un gisement d’œufs de dinosaures. Avec l’autorisation de la DDE, ces derniers s’étaient aussitôt investis durant deux mois pour extraire une ponte de Sauropode, qui a par la suite été confiée au musée de La Roque d’Anthéron. Des fouilles de ce type, il y en a eu des dizaines au sein de la cité du Rocher. Toujours sur la même strate, en dessous de l’oppidum du Castellas et de l’amphithéâtre du Baou, de nombreuses autres pontes de dinosaures incrustées dans la roche témoignent là encore, d’une vie bien antérieure à notre histoire. De nombreux trésors de la paléontologie ont été découverts au milieu des années 70, durant l’exploitation de la carrière de la Plantade par l’entreprise Les chantiers modernes, chargée d’extraire les matériaux destinés à l’allongement de la piste de l’aéroport de Marignane. Remarquons que malgré l’urbanisation, ce site situé au niveau de Baume Canouille, a su garder sa vocation de cimetière depuis des millions d’années.

Ponte d'oeufs de dinosaures découverte en 1999 sur une falaise en contrebas du quartier de la plaine.

Des dinosaures sous les voies ferrées

A Couperigne, les fouilles ont révélé jusqu’à présent, deux squelettes de dinosaure:

En 1993, le paléontologue amateur Edgar Lorenz découvre un squelette de Rhabdodon dans un terrain vague de la zone industrielle de Couperigne, entre la voie Ferrée et l’aéroport. La campagne de fouille, menée par le muséum d’Aix en Provence, a duré deux ans et a permis d’extraire quasi-intégralité de cet iguanodontidé, à l’exception de son crâne.

Au mois de septembre 2007, sur ce même terrain vague, un second squelette de la même espèce a été découvert. N’excédant pas sept mètres de long et quatre mètres de haut, le Rhabdodon, dont le nom signifie «aux dents canelées» était un petit dinosaure herbivore très répandu en Provence. C’était sous un climat subtropical, qu’il broutait paisiblement dans les marais de la région il y a 65 millions d’années encore, à l’abri du dramaeosaure, redoutable prédateur carnivore récemment découvert dans les gisements Provençaux.

Sur le Terrain des Aymards, situé en contrebas des voies ferrées, dans la zone industrielle de Couperigne, deux squelettes de Rhabdodon ont été découverts à ce jour.
Cest sous cette butte qu'a été découvert 2007, le second squelette de Rhabdodon de Couperigne.